Kokedama par Arnaud Roy

Pouvez-vous nous présenter votre travail ?

Pratiquant la céramique depuis plus de cinq ans, j’aime conjuguer mon amour des plantes et ma pratique artistique, en façonnant des créations hybrides, faites de terre, de mousse et de plantes. Je réalise des objets en grès brut ou émaillé ainsi qu’en porcelaine : vases, coupelles et autres contenants aux courbes organiques et sculpturales, dialoguant à l’occasion avec des éléments végétaux. Je confectionne ce que je me plais à appeler du négologisme de «Kokewan», littéralement des «bols de mousse» : sur le modèle des «kusamono» -ces compositions humbles qui accompagnent les bonsaïs, mes kokewan sont des jardins d’intérieur en miniature, invitant au repos et à la méditation.

Votre premier contact avec le Japon ?

J’ai découvert le Japon pour la première fois en 2008, lors d’un voyage-surprise que j’avais organisé pour l’anniversaire de mon conjoint. Ni lui ni moi ne connaissions le pays et nous y sommes allés en néophytes, ce qui est intimidant mais également libérateur, car cela permet d’appréhender le pays sans le filtre des livres, des guides ou du cinéma. Nous nous sommes constitués une culture japonaise depuis et nous y retournons si possible tous les ans ou tous les deux ans, prenant un plaisir renouvelé à explorer toutes les merveilles que l’archipel recèle.

Avez-vous de nouveaux projets pour 2020/21 ?

Un voyage au Japon ! Le plus tôt possible, une fois que les restrictions imposées par la situation sanitaire actuelle seront allégées. Je participe le 4 juillet prochain à une exposition collective dans l’atelier où je crée mes céramiques et espère dès le mois de septembre pouvoir exposer de manière régulière mes céramiques et mes kokedama à Elephant Paname dès sa réouverture, avant même la tenue d’Instant’Japan en décembre. En avril 2021, je devrais participer à un salon autour du bonsaï en Normandie.

N’hésitez pas à continuer votre découverte du travail d’Arnaud en consultant son site internet !

Pour vous le Japon c’est avant tout …

Il y a mille portes d’entrée dans ce pays complexe et kaléidoscopique qu’est le Japon. Les premiers jours après son arrivée, on ne peut s’empêcher de ressentir une impression de vertige, tant les impressions sont fortes et les sollicitations visuelles et sensorielles innombrables. Mon Japon n’est pas celui de la robotique, des « depato » ou des mangas… Mon japonais demeurant basique, j’ai conscience que ma connaissance intime du pays est limitée et mon regard forcément conscrit. Ce pays rêvé est pour moi fait de jardins d’une beauté incomparable, d’auberges traditionnelles, d’onsen, de découvertes gastronomiques, de villages et de rizières, de visites d’ateliers d’artisanat… Un Japon traditionnel et en apparence éternel. Cela n’empêche pas d’apprécier le Japon électrique et ultra-moderne. Mais ce que j’aime par dessus tout est d’ordre esthétique, impalpable et pourtant communément ressenti pour quiconque ouvre un tant soit peu les yeux: c’est un sentiment des choses, une appréhension du temps qui passe, un goût immodéré pour la sobriété du raffinement.

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