Yabusame 流鏑馬

En 2014 j’ai découvert la ville côtière de Kamakura. Je suis tombé sous le charme et par beau temps je ne rate pas l’occasion d’y passer une journée si je suis à Tokyo. 

Cette fameuse année 2014, je me suis rendu compte que la veille de ma venue, se tenait un célèbre festival de Yabusame. J’ai manqué cet événement et j’en étais malade. Depuis je n’ai de cesse de vouloir y assister et c’est maintenant chose faite, à Kamakura mais aussi à Asakusa, en plein cœur de Tokyo et sous un magnifique soleil qui plus est.

Un peu d’Histoire sur le Yabusame

Le week-end des 20 et 21 avril était placé sous le signe du yabusame 流鏑馬 une technique très ancienne de tir à l’arc japonais à cheval qui remonterait à la fin du 7ème siècle. Le mot Yabusame vient de yabasemuma qui signifie tirer des flèches sur des cibles en étant à cheval. Les cavaliers dirigent leur monture avec les genoux afin d’avoir les mains libres pour manier arc et flèches. L’archer tire des flèches sans pointes, souvent avec une boule au bout ou une pointe en V pour les plus expérimentés d’entre eux. Les cibles en bois, au nombre de 3, se brisent avec l’impact et certaines flèches sont faites pour accentuer le bruit de l’impact. Ces cibles peuvent être uniquement en bois brut ou bien avec des cibles colorées peintes mais j’avoue ne pas avoir compris pourquoi certains archers bénéficient de cibles différentes. La piste fait 255m et les chevaux sont lancés au galop. Les archers tirent en criant « In-yo-in-yo » (« obscurité et lumière »).

Cette technique de tir à l’arc réservée à la noblesse s’est raréfiée avec le temps jusqu’à la fin du 12ème siècle lorsque le Shogun Minamoto no Yoritomo inquiet des performances à l’arc de ses samouraïs institua le yabusame comme entrainement, lors de l’époque Kamakura. Cette pratique était et reste très règlementée avec notamment une cérémonie de présentation avant et après le tir à l’arc. La pratique disparue presque totalement après l’époque Kamakura, à la fin du 14ème siècle.

Le yabusame refit son apparition en 1728 lors d’un rituel religieux sur ordre du shogun Tokugawa Yoshimune dans une forme légèrement différente appelée hasamimono. La pratique était régulière dans des sanctuaires jusqu’à la fin de l’ère Edo et encore aujourd’hui elle se déroule notamment dans le sanctuaire Tsurugaoka Hachimangu de Kamakura, visant notamment à contenter les dieux.

L’art du Yabusame a perduré jusqu’à aujourd’hui dans de nombreuses villes. Les photographies présentées ici viennent des festivals d’Asakusa et Kamakura les 20 et 21 avril. Il est aussi possible de voir du Yabusame à Kamakura en septembre et à travers le Japon.

Petit comparatif Asakusa/Kamakura

A Kamakura et Asakusa, le choix vous est laissé de payer 3000 yens pour un siège non numéroté dans différentes tribunes ou bien d’assister au spectacle gratuitement dans la foule massée là où elle peut voir quelque chose. J’ai pris une place payante à Asakusa et était déçu de me retrouver « parqué » avec tous les étrangers dans la plus mauvaise tribune. De plus les spectateurs sont sensés restés assis mais la tribune « gaikokujin » n’en avait que faire et tout le monde s’amassait contre la corde de délimitation avec la piste. C’était vraiment compliqué pour prendre des photos sans parler de la vitesse des cavaliers. C’est assez impressionnant de les voir passer au galop à 2m à peine. Les sabots des chevaux envoient d’ailleurs plein de sable dans les tribunes les plus proches et nous étions tous très poussiéreux à la fin. Autre point négatif, il y avait des travaux juste derrière la piste face à notre tribune, cachés par des palissades. L’esthétique était donc moindre.

A Asakusa, toutes les tribunes sont du même côté, face aux cibles et les visiteurs sans tickets peuvent voir mais de plus loin et mal je pense.

Comme à Kamakura et partout en principe, un cortège de personnes en costumes d’époque et les archers font le tour de la piste 2 fois avec de commencer et une fois à la fin. A kamakura les archers font aussi un tour de chauffe avec les chevaux. Les cavaliers sont répartis en différents groupes, que je n’ai pas trop identifié mais à Asakusa j’ai compris qu’il y avait les cavaliers expérimentés stars du jour, des cavaliers moins expérimentés je suppose et aux costumes plus simples et il y avait aussi un ou deux groupes d’étudiants. Dans chaque groupe de 3 à 5 cavaliers maximum de mémoire, le vainqueur reçoit un foulard blanc de ce que j’ai identifié être le maître de cérémonie. Le cavalier attrape ce foulard sur une flèche. Sur une des photographies vous pouvez voir ce foulard.

A Asakusa et Kamakura des explications historiques étaient données dans des hauts parleurs en japonais et en anglais mais à Asakusa l’emplacement de ma tribune était trop proche du micro je crois et il y avait une sorte de double écho qui rendait la compréhension très compliquée. J’ai compris que les cavaliers sont présentés en précisant leurs écoles de tir à l’arc et il me semble qu’à Asakusa seulement des informations plus personnelles étaient données comme le métier de l’archer. Il y avait par exemple un instituteur et quelques élèves étaient là pour le soutenir, c’était très mignon et j’ai trouvé que ça humanisait beaucoup l’événement même si je ne comprenais pas assez les explications.

A Kamakura, pas de problèmes avec les enceintes. Nous sommes ici dans l’enceinte d’un sanctuaire, il y donc une cérémonie de présentation et clôture qui se déroulent dans le temple et que l’on ne peut pas voir de sa place, ou au moins celle de présentation mais le cortège fait le tour de la piste comme il est de coutume et notamment en présentant les cibles en bois. Ici il y a des tribunes des deux côtés de la piste, payantes face aux cibles et gratuites du côté des cibles et donc avec une visibilité très réduite pour les cibles. Ces espaces sans sièges et assez étroits sont pris d’assault plusieurs heures en avance. Je suis arrivé 2h30 avant le début et je n’ai pas eu un emplacement de choix mais ça allait d’autant plus qu’à chaque changement d’équipes, le public se clairsemait. A Kamakura il n’y que des arbres des deux côtés de la piste et le temple derrière les arbres donc le cadre est vraiment agréable, j’ai beaucoup apprécié ce moment. Je conseille vraiment les places assises qui sont très bien et tout le monde restait bien assis.

Certaines photographies présentent des cavaliers de dos car à Asakusa j’étais placé en début de piste et ne pouvait pas prendre de photographies correctes de face à cause des spectateurs et de la distance trop courte avec le début de la piste sans parler de l’arrière-plan « travaux publics ». A kamakura, les photographies sont de face car j’étais en fin de piste donc impossible de prendre les cavaliers de dos. Mais l’avantage est qu’ils attendent à la fin de la piste que tous les cavaliers de la série soient passés donc on peut les voir de très près. Je conseille donc une tribune pour la cible du milieu mais soit vous vous levez très très tôt à Kamakura soit vous arrivez à avoir la bonne place dans la bonne tribune !

Je recommande donc vraiment cet événement ! Il ne faut pas hésiter mais il faut l’anticiper un minimum.

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